La formation post-Covid19 en mutation débridée (1)

L’introduction massive des technologies de l’information et de la communication dans les institutions éducatives est considérée par plusieurs comme une contribution majeure à l’idéal de la société d’apprentissage. On affirme que les organisations comme les corporations, les régions, les provinces et les pays sont en train d’expérimenter l’impact des technologies pendant cette gigantesque crise qui n’est pas seulement une crise sanitaire, mais une crise transversale des activités humaines. Une compétition acharnée engagée depuis des années, s’est amplifiée de façon gigantesque dans beaucoup de pays dans la mise en place des infrastructures nécessaires à la création de nouvelles manières de commercer et d’échanger des idées. Les connaissances ayant fait un saut important au cours des dernières années, donne à la société du savoir un moteur sans précédent pour une nouvelle configuration mondiale. Certes, l’intégration plus étendue des technologies imposera d’importants investissements financiers et humains mais les experts dans le domaine affirment que ces investissements généreront des bénéfices à la mesure des enjeux.

La formation à distance rejoint aujourd’hui des dizaines de millions de personnes chaque jour. Pourtant elle a plus souvent été perçue jusqu’ici,  malgré elle, sous un aspect marginal par des responsables et une bonne partie de la population. Aujourd’hui la preuve se fait de façon accélérée. Parallèlement à cette image, les institutions éducatives et les entreprises de formation continuent à développer et à diffuser des cours et des programmes en ligne et à distance. On constate que, même si à peu près toutes les universités diffusent de la formation à distance, cette forme d’enseignement et d’apprentissage est encore mésestimée par le réseau d’enseignement en face à face. Pourtant la formation à distance a une histoire aussi longue et un bilan de pénétration de la population plus impressionnant que l’enseignement dit traditionnel. Une formation à distance qui a touché et a été pratiqué dans les groupes des milieux populaires, les mouvements d’action catholique, les mouvements familiaux, les milieux de la santé, les coopératives, le monde agricole, la radio et la télévision et aujourd’hui presque la totalité des milieux professionnels. En réalité beaucoup de milieux extérieurs au monde scolaire ont été sensibilisés à ces dispositifs depuis longtemps, et surtout, lorsque ceux-ci croient aux retombées de la formation continue tant en matière de professionnalisation qu’en matière d’innovation. Il reste maintenant à examiner de façon articulée les contingences, les technologies et les méthodes pédagogiques. Il y a, sans doute, une nécessité urgente à s’occuper de pédagogie, tant elle est la dimension la plus sensible, la moins maîtrisée et la charnière de la qualité et de l’efficacité de l’enseignement en ligne. Une méthode pédagogique liée à la formation à distance doit être sereinement réfléchie, préparée et éprouvée. Nous savons que malgré les dispositifs mis en place, les efforts déployés dans les différents stades de développement de la formation en ligne et en distanciation physique, des recherches plus étendues qui seront menées de nouveau sur de tels  modèles de formation à distance révèleront, malgré tout, certains problèmes associés à ce type de formation : manque d’engagement et de persévérance, procrastination, faible réinvestissement dans la pratique professionnelle pour certains, insatisfaction à l’endroit des technologies utilisées, taux élevés d’abandon. Cependant, la disponibilité accrue des technologies de l’information et de la communication, l’enrichissement des méthodes et des stratégies pédagogiques, l’engouement pour toujours plus de personnes qui tirent un intérêt certain, ouvrent de nouvelles perspectives à la formation à distance qu’il faudra exploiter…